Revue de presse : semaine du 27 décembre 2004 au 02 janvier 2005
mardi 4 septembre 2007, par Banhoudel Mékondo Frédéric
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(semaine du 27 décembre 2004 au 02 janvier 2005)
L’aide à la presse s’est volatilisée
« Où est passée l’aide de l’Etat à la presse ? », s’insurge Le Progrès daté du 28 décembre dernier, dans une analyse à rebrousse-poil . Citant des sources du ministère des Finances et de l’Economie, le quotidien révèle que « le fonds aurait été retiré par le ministre de la Communication, M. Barthélémy Baïnodji Natoïngar, qui s’en serait servi pour ses voyages ». Le Progrès, par ailleurs, égratigne deux autres ministres qui auraient puisé dans le même fonds. « Cela doit certainement, être le meilleur cadeau de fin d’année pour les médias, particulièrement, les journaux privés qui doivent globalement à l’imprimeur (Imprimerie du Tchad), quelques 50 millions Fcfa », estime-t-il.
« Ne tirez pas sur l’ambulance », évoque à propos, L’Observateur, dans un réquisitoire sans appel à l’Etat tchadien. Révélant que l’aide à la presse (ndlr, 60 millions Fcfa au budget 2004) consacrée par la loi depuis 1994, n’est octroyée qu’une seule fois en 2001, l’hebdo estime que « l’atermoiement, voire la duplicité des autorités au sujet de cette aide est bien là le signe d’une volonté affichée de tordre le coup à une presse privée qui manifestement dérange ».
Titrant, « le deuil de la presse », N’Djaména bi-hebdo analyse qu’« avec un parlement aux ordres, une opposition muselée et maintenant une presse à l’agonie, la voie est ouverte pour frauder en toute inquiétude ».
Une religieuse française abattue par des coupeurs de routes
« Des inconnus tirent sur des religieuses », titre Le Progrès paru le 27 décembre dernier. Le quotidien révèle que quatre sœurs de la congrégation Notre Dame des Apôtres, venant de Sarh, ville située à environ 600 Km au de N’Djaména, ont essuyé des tirs d’armes automatiques dans la nuit du 25 au 26 décembre 2004.
L’une d’elles, Christiane Philippon, de nationalité française, ayant reçu une balle au buste, a succombé sur le coup. Les trois autres sont blessées et se trouvent à l’antenne médicale de l’opération Epervier, à la base aérienne Sergent-chef Adji Kosséi à N’Djaména.
N’Djaména bi-hebdo, citant les sources de religieuses, rapporte que juste après le drame, trois véhicules militaires sont passés « mais ces derniers ont fait fi d’écoute en continuant le chemin », malgré les appels au secours.
La ville de Bébédjia, une bombe à retardement
« Après les affrontements d’octobre dernier, Déby réconcilie les habitants de Bébédjia », titre Le Progrès daté du 24 décembre dernier. Le quotidien écrit que le président Idriss Déby s’est rendu à Bébédjia pour mettre en garde les belligérants contre une éventuelle résurgence des hostilités. « Dix minutes ont été accordées aux belligérants pour se donner des accolades », écrit l’envoyé du quotidien, faisant remarquer que « gagnés par l’émotion, certains n’ont pas résisté à versé des larmes ».
L’Observateur fait une tout autre lecture de l’évolution de la situation « Bébédjia : une poudrière prête à re-exploser ? », se demande-t-il. Le journal révèle que la tension demeure toujours vive. « Trois marchés parallèles ont été créés par les autochtones qui boycottent le marché central uniquement fréquenté par les autres communautés », souligne le journal qui révèle que l’ordre de destruction desdits marchés donné par les autorités préfectorales a failli entraîner un soulèvement général des autochtones. « Le chef de l’Etat réussira-t-il le pari de réconcilier les cœurs meurtris des populations de Bébéjia ? », s’interroge-t-il enfin.
Les fêtes de fin d’année marquées par la morosité sociale
Le Miroir, mensuel satirique, daté de décembre, s’attaque au malaise social perceptible en cette période de fêtes de fin d’année. Le canard a caricaturé à sa Une le premier ministre Moussa Faki, voûté sous le poids des cadeaux étiquetés ‘‘insécurité’’, ‘‘arriérés de salaires’’, ‘‘crise énergétique’’, s’adressant au chef de l’Etat : « PR (Président de la République, ndlr) noël, je suis dépassé, la population ne veut pas de mes cadeaux ». Et le président Idriss Déby, de répliquer : « tant pis ! J’ai bien dit ni or, ni argent ».
Péril sur la faune tchadienne
« Les princes braconniers de retour », s’alarme N’Djaména bi-hebdo. A en croire le bi-hebdo, « 7 princes saoudiens, treize faucons en cage, ont débarqué, le 22 décembre 2004, à l’aéroport international de N’Djaména ». Ces princes braconniers, friands des espèces rares et protégées des parcs et réserves tchadiens, surtout des outardes connues pour leur vertu aphrodisiaque, ont été précédés, par trois autres princes, koweïtien, eux également munis de deux faucons, écrit-il. Déplorant le laxisme des autorités, le bi-hebdo révèle que « pourtant, nos voisins nigériens qui ont légalisé ce tourisme, tirent bien de profit au compte de leur trésor public ».
Bilan économique et socio politique du Tchad
N’Djaména bi-hebdo constate qu’ en 2004, « les Tchadiens se sont encore entretués à cause de l’insécurité devenue endémique ». En politique, le bi-hebdo estime que « seul le manque d’argent ou un problème de santé peuvent arrêter la marche triomphale de Déby entamée en 2004 vers un troisième mandat présidentiel ». En économie, le journal affirme que « le rendez-vous du pétrole n’a pas eu lieu » car « la forte baisse des recettes, l’absence de l’aide budgétaire associées au retard dans le rapatriement des ressources pétrolières ont perturbé l’exécution du budget de l’Etat dont les caisses ont connu une perpétuelle tension de trésorerie durant toute l’année 2004 ».
La presse tchadienne passée au vitriol par un confrère
« Médias audiovisuels au Tchad : la putréfaction », titre Le Progrès, publiant la lettre ouverte, véritable pamphlet, du journaliste Ahmad Makaïla, au président du Haut Conseil de la Communication (HCC). « Le paysage audiovisuel tchadien d’aujourd’hui, aussi déconcertant qu’il soit, me fait honte, tant la médiocrité discute le sacre à la nullité », s’exprime ainsi le journaliste. « Mon souci se résume à la dénonciation de cet amateurisme ambiant qui caractérise depuis quelques années ce métier », se justifie-t-il, tout en appelant au président du HCC : « il me semble urgent de commencer la réflexion à l’effet de ramener à la surface les médias audiovisuels tchadiens qui sont aujourd’hui au creux de la vague ».
Mbaidedji Ndjénodji Frédéric