La MUDESOFT : Une mutuelle secourt des filles mères

lundi 11 août 2008, par Banhoudel Mékondo Frédéric

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Souvent abandonnées à elles-mêmes, les filles mères vivent des situations dramatiques, tiraillées entre une responsabilité précoce à assumer, et leur éducation ou leur formation à parfaire.

« Bonjour tonton ! ». C’est par ces mots polis et chaleureux que les enfants de la crèche MUDESOFT (Mutuelle pour le Développement Economique et Social de la Femme Tchadienne) accueillent tout visiteur qui franchit le seuil de l’établissement. La crèche compte une trentaine d’enfants, âgés de 3 mois à 4 ans. Ces enfants passent leurs journées de 7h à 16h à l’ombre d’un boukarou et d’un grand hangar. Trois salles sont réservées aux autres activités. Cette crèche est l’initiative de la MUDE-SOFT, une mutuelle créée en 2004 en vue d’améliorer la situation socioéconomique de la femme tchadienne. Selon Mme Léocadie Néremtar, coordonnatrice de la MUDESOFT, « Dans les foyers, le problème du gardiennage des enfants se pose avec acuité. Habituellement nos ‘‘bonnes’’ s’occupent beaucoup plus du ménage. D’où l’idée de créer la crèche pour alléger les parents ».

Aider les mamans à continuer leurs études ou à vaquer à d’autres occupations

Au début, seuls les enfants des membres de la mutuelle étaient admis. Par la suite, elle a été ouverte à tout le monde. Pour qu’un enfant soit accepté, il doit avoir été vacciné. En plus, ses parents doivent s’acquitter d’un taux mensuel de 15 000 Fcfa. Ce coût permet d’entretenir les enfants, de leur servir le goûter et le déjeuner, ainsi que de supporter d’autres charges administratives. Les enfants de filles mères sont pris en charge gratuitement. Le souci, c’est d’aider leurs mamans à continuer leurs études ou à vaquer à d’autres occupations.

« Etant enseignante au Lycée féminin de N’Djaména, je constate que beaucoup d’élèves filles mères ont de la peine à suivre une scolarité normale. Quand l’une d’elles s’absente trois à quatre jours de la classe, généralement les raisons données tiennent au fait que son enfant est malade et que personne n’est là pour s’en occuper quand elle est au cours », déplore Mme Léocadie. Ce constat a conduit les mutualistes à soumettre un projet en faveur des filles mères. Le financement a été obtenu de Cordaid.

Une enquête a été ouverte sur un échantillon de 150 filles mères aussi bien dans les quartiers que dans certains établissements de la capitale (Lycée Félix Eboué, Lycée Féminin, Lycée Technique Commercial). Les résultats ont montré que la situation des filles mères est assez préoccupante.

Une soixantaine de filles mères sur l’échantillon a été sélectionnée pour faire l’objet d’un suivi par la mutuelle. Elles sont formées sur des problématiques liées à la sexualité, l’approche genre, la citoyenneté, les techniques d’animation de réunion, etc.

Autre mesure prise, les enfants de quinze d’entre elles dont la situation paraît plus préoccupante sont pris en charge à la crèche. Certaines de ces filles mères sont scolarisées ; d’autres exercent de petites activités dans l’informel.

« Parmi celles qui sont scolarisées, nous avons doté deux d’entre elles, qui étaient en terminale, de bicyclettes pour leur permettre de se rendre à l’école. L’une d’elles a décroché son baccalauréat l’année dernière. Les autres qui sont dans les classes intermédiaires ont obtenu des bons résultats. C’est encourageant pour un début », se réjouit la coordonnatrice. Une autre fille mère ayant son enfant à la crèche, est employée comme blanchisseuse.

Malgré ses moyens limités, la crèche enregistre beaucoup de demandes. « Presque chaque jour, il y a une nouvelle fille mère qui vient chez moi ou qui m’attend à la crèche pour m’exposer ses doléances », révèle la coordonnatrice qui reconnaît que s’il y avait assez de moyens, la crèche pourrait s’occuper même de 200 enfants de filles mères. « Notre souci est d’ouvrir d’autres crèches dans d’autres quartiers de la capitale afin d’aider les filles mères et les parents. Pour un bon suivi, il faut une nourrice pour 5 enfants, or la crèche n’emploie en ce moment que 4 nourrices pour une trentaine d’enfants », ajoute-elle.

Comme perspective, la MUDESOFT a en vue un projet d’élevage, de boulangerie pâtisserie, de micro finance et bien d’autres dans lesquels les filles mères auront un rôle important à jouer. A l’instar de cette initiative encourageante de MUDESOFT, que l’Etat et les ONG s’impliquent davantage dans le volet filles mères pour améliorer la situation socio éducative et économique de cette couche vulnérable.

Ndjénodji Mbaïdédji Frédéric

2 Messages de forum

  • La MUDESOFT : Une mutuelle secourt des filles mères

    16 décembre 2008 10:07, par konan
    J’ai crée une ONG en Côte d’Ivoire pouraider à la formation des filles mères et surtout pour leur donner des outils pour lutter contre le sida : prise en charge économique.
    • La MUDESOFT : Une mutuelle secourt des filles mères 16 décembre 2008 15:08, par Banhoudel Mékondo Frédéric
      Bonjour, Merci pour cette réaction par rapport aux filles mères. Ce sera bien que des ONG pareilles créent une synergie d’action entre elles. Cordialement