Revue de presse de la semaine du 1er au 7 décembre 2008
jeudi 11 décembre 2008, par Hinyandiguim Malo Nestor
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Cinquantenaire de la proclamation de la République
« République du Tchad : une quinquagénaire moribonde », titre Notre Temps. Dans une caricature à la une, « le journal des sans voix » représente le démantèlement des lettres composant le mot Tchad par des individus armés apparemment servant des causes étrangères. Notre confrère a repris intégralement le message de paix écrit à l’occasion par Mgr Mathias Ngartéri, archevêque de N’Djaména et président de la Commission nationale Justice et paix de l’église catholique. Dans ce message titré « Réconcilions-nous pour bâtir un autre Tchad », l’archevêque de N’Djaména appelle à la réconciliation des tous les fils du Tchad, car, « aujourd’hui, l’harmonie a été brisée, des relations ont été rompues. Nous sommes ou nous avons été tour à tour, bourreaux et victimes ou témoins impuissants devant le rouleau compresseur de la violence », depuis les cinquante dernières années. En pratique, il invite « chacun, individu ou groupe ethnique, dans le village, dans les quartiers des villes, dans la région, au niveau des familles (à) bouger. Il ira à la rencontre de l’autre, pour oser parler, oser poser enfin un acte de paix, de réconciliation ».
1er décembre, fête de la démocratie et journée mondiale contre le sida
« Le recul ». C’est par ce titre que l’hebdomadaire Le Temps aborde l’analyse des dix-huit années de pouvoir du président Idriss Déby Itno. S’agissant du volet politique, notre confrère relève : « les 18 ans de règne, après une période de floraison des partis politiques, sont aujourd’hui marqués par la mort du pluralisme politique. L’assassinat du porte-parole de la Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC), le Dr Ibni Oumar Mahamat Saleh, a été le coup de grâce donné au vernis de démocratie que s’affairent à maintenir à flot tous les soutiens internationaux du régime de Déby ». En outre, Le Temps énumère la « décrépitude sans précédent » du tissu économique, l’absence d’éthique, « les actes et autres lois liberticides », ainsi que « la descente aux enfers » sur le plan sportif.
Pour L’Observateur, c’est « pour éviter la coïncidence troublante » qui pourrait naître des deux commémorations, que « le gouvernement tchadien a tendance à décaler la fête de la libération ». Notre confrère parle donc des « sidas de la République » : « Aujourd’hui, le travail, l’effort, le mérite sont devenus des valeurs ringardes, car on n’a besoin que de trois sésames : la carte du MPS, les liens de parenté, l’argent. Ils ouvrent toutes les portes : la réussite à un concours professionnel, le diplôme, le travail, la promotion. Toute la jeunesse tchadienne est désormais convaincue de cela. Il n’y a pas pire sida », conclut-il.
N’Djaména bi-hebdo, dans sa parution n°1157, titre à la une : « 18 années de règne ». Il présente la caricature du président Idriss Déby Itno portant, sur sa tête, une couronne portant la mention « 18 ans », au coup une écharpe du MPS, à la main droite une brique et à la droite une truelle. Il déclare aux personnages qui portent de grosses bourses d’argent derrière lui : « 18 ans déjà ! vite construisons ce pays sinon nos détracteurs auront raison. » L’un des personnages lui réponde : « c’est une bonne idée. Mais nous, tes proches, on aura quoi dans tout ça ? ».
L’Office national de radio et télévision nationales (ONRTV) sur satellite
« Télé-Tchad arrose le monde », titre le quotidien Le Progrès. C’est le président de la République, lui-même, qui a présidé la cérémonie d’inauguration. Selon le ministre de la communication cité par notre confrère, « dès jeudi (ndlr : 27 novembre), le nom de Télé Tchad a été affichée sur la liste de Nile Sat, après 14 heures. (…) Nous croyions faire des tests dans le plus grand secret. Nous avons envoyé des images juste pour le réglage de qualité, mais, quelques heures après, nous avons commencé à enregistrer des réactions enthousiastes de nos compatriotes en Arabie Saoudite, de l’Egypte, des Emirats arabes unis, du Burkina, de Moundou, d’Abéché, de Faya, etc. » Pour conclure, Le Progrès donne des informations techniques : « La fréquence sur Nile Sat est de 10 758 Mhz, avec une position de 7° ouest et 4 100,8 Mhz, avec une position de 57° Est, sur New skie. »
Quant au bi-hebdomadaire N’Djaména bi-hebdo, il a consacré moins d’une demi-page à l’événement en titrant à sa 4ème de couverture : « Un 1er décembre sur fond d’inauguration ». Pour lui, « en lieu et place de la traditionnelle cérémonie de prise d’armes à la Place de l’Indépendance de N’Djaména pour commémorer la chute du dictateur Hissein Habré, les gouvernants ont consacré le 1er décembre à des inaugurations ». Notre confrère termine en citant les autres cérémonies : « Dans la même matinée, le Premier ministre, Youssouf Saleh Abbas, a coupé le ruban du nouveau siège de la Cour suprême. Il a ensuite rebaptisé trois rues de N’Djaména. La première, trait d’union entre le marché à mil et le marché de Diguel, porte désormais le nom de l’ancien président du Tchad, le Général Félix Malloum. » Les deux autres, portent les noms des deux pilotes tchadiens, le colonel Djedal Alamta et le lieutenant-colonel Rigobert Neldé, tous deux morts en novembre 2006 au front est.
Révision de la loi 001-PR-2006 portant gestion des revenus pétroliers.
« Quand Gamar Sileck secoue le cocotier ». C’est par ce titre que N’Djaména bi-hebdo aborde la question de la proposition de loi initiée par le vice-président de l’Assemblée nationale, M. Gamar Sileck, tendant à faire modifier le quota de 5 % des revenus pétroliers destinés à la région productrice. Pour notre confrère, « en osant initier une proposition de loi pour abroger certaines des ordonnances de février 2008, le 1er vice-président de l’assemblée nationale s’est attiré les foudres du Premier ministre ». En effet, « par courrier en date du 29 septembre 2008 adressé au président de l’Assemblée nationale (PAN), le chef du gouvernement réagit contre les propositions de loi de Gamar Sileck » avant conclure à « leur irrécevabilité ».
Pour le quotidien Le Progrès du vendredi 5 décembre, « la proposition de révision de revenus pétroliers pour la région productrice est retirée : Gamar laisse aux Logonais leurs 5% ». Rendant compte de la septième séance de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale du 4 décembre, notre confrère informe que « finalement, le député Assaïd Gamar Sileck retire la proposition de loi qu’il a soumise aux élus du peuple pour une nouvelle révision de la loi 001-PR-2006, portant gestion des revenus pétroliers ». Rappelant quelques dispositions contenues dans cette proposition de loi, le quotidien explique : « Introduite au bureau de l’Assemblée nationale le 18 septembre dernier, cette proposition de loi suggère que les 5% alloués à la seule région productrice soient réorientés au bénéfice du développement harmonieux des collectivités territoriales décentralisées sur l’ensemble du pays. Ainsi, 2% devaient être gardés à la région productrice et les 3% répartis à toutes les autres ». Le ministre Secrétaire général du gouvernement qui assiste à cette séance de l’Assemblée nationale estime la proposition « inopportune » avant d’affirmer qu’elle « risque d’être mal interprétée », rapporte notre confrère.
Criminalité
« Les femmes indignées par deux assassinats odieux », titre à sa une L’Observateur. L’hebdomadaire relate le « long cortège de femmes, d’hommes et d’enfants profondément indignés, abattus par la douleur et le chagrin qui a accompagné les corps de Isabelle Djimta et de sa mère Céline à leur dernière demeure au cimetière de Ngonba ». Notre confrère raconte que « le jeudi 27 novembre, aux environs de 19 heures, M. Guidansou Tordina John, ingénieur des Travaux publics actuellement en service à la société d’entretien routier (SNER), fait irruption au domicile de sa belle famille. Il ferme le portail avec son propre cadenas avant de monter à l’étage où se trouve sa belle-mère Céline… et ouvre le feu avec son fusil calibre 12 dans le dos de sa belle mère. Sans sourciller, l’assassin tire une seconde fois, (la tuant) sur le coup. Isabelle sort (d’une chambre) et se jette sur son époux (qui) se dégage et lui tire deux balles qui lui seront fatales. En sortant du salon, il aperçoit le benjamin de Isabelle qui cherche à s’enfuir. Il tire une balle qui l’atteint au bras droit ». La cause de cette tragédie serait la condamnation par la justice de M. John au paiement de plus d’un million de Fcfa de dommage corporel à son épouse pour mauvais traitement contre sa personne et au versement d’une pension alimentaire mensuelle de 50 000 Fcfa.
Dans sa parution du 4 décembre, le quotidien Le Progrès rapporte : « Guélendeng : les forces de l’ordre exécutent un malfrat ». En effet, « le dimanche 30 novembre, à 16 heures, Saleh Kalami, un jeune d’une vingtaine d’années, est dressé sous une potence et exécuté en public ». « Cette exécution sans procès », selon les propres termes du quotidien, est consécutive à l’assassinat le 15 novembre, d’un jeune conducteur de moto-taxi , dont le supplicié a avoué en être l’auteur. « A la brigade territoriale locale, (Saleh Kalami) avoue, sans balbutiement, qu’il a enlevé et tué un clandoman pour arracher sa motocyclette. A la demande des autorités, le meurtrier conduit tous les services de sécurité et le juge de paix sur le lieu du crime. Le corps de la victime est complètement décomposé. L’équipe est obligée de l’enterrer sur place, informe le Secrétaire général du Mayo Lemié, M. Moïse Alladoum. Après le compte-rendu de l’équipe au préfet du Mayo-Lemié, ce dernier se rend à son tour à Bongor, pour rendre, à son tour, compte au gouverneur. Le général Mahamat Béchir Chérif lui signifie qu’un malfrat, comme celui-là, doit être exécuté, automatiquement. De retour, la parole du 1er chef de la région du Mayo-Kebbi-Est est traduite en acte », raconte le quotidien.