Le coton, une filière en recul

mercredi 3 février 2010, par Bérilengar Dathol Antoine

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Selon certains paysans, tout ce qui se passe autour de la production et de la commercialisation du coton n’est pas encourageant. D’abord, il y a le problème de la disponibilité de terre. Ensuite, il faut faire partie d’un groupement pour avoir accès aux intrants. Lorsqu’on entre en possession de ce produit, qu’on l’utilise ou pas, qu’il y ait une bonne production ou pas, à la vente du coton, la Cotontchad prélève intégralement son argent donné aux paysans. Comme la productivité n’est plus le même à cause de l’infertilité du sol et faute d’encadrement conséquent, certains paysans utilisent les intrants soit pour faire d’autres cultures, soit les vendre purement et simplement. Ainsi à cause de la caution solidaire, ce sont ceux qui ont cultivé le coton qui remboursent.

De plus, après la production, on n’est pas sûr que le coton soit enlevé au bon moment. Certaines années, la Cotontchad n’enlève pas le coton jusqu’à la saison des pluies. Pire, le fait que le coton est ramassé ne vous donne pas immédiatement droit à un paiement. Il faut attendre que l’usine décide de le payer. Cela peut prendre du temps. Parfois, on assiste à de grosses surprises : on peut déclarer votre coton de seconde qualité. Souvent le paysan qui s’est endetté pour produire son coton est obligé de vendre un autre objet ou des produits pour rembourser sa dette. Certains qui ont mis tout leur point d’honneur sur la culture du coton pour espérer avoir de l’argent à temps pour payer l’impôt ou afin de constituer un stock de mil pour la famine, éprouvent des difficultés si l’argent du coton n’est pas versé au moment où le mil ou riz coûte bon marché.

Très peu de paysans ont le courage de prendre ce risque de cultiver le coton. Alors ils se rabattent sur le riz, les arachides ou l’élevage. A l’État de tenir compte de ce revirement tacite et discret des paysans. Au lieu d’injecter de millions pour soutenir une entreprise qui n’est plus compétitive et qui ne nourrit plus les producteurs, il faut orienter ces ressources vers d’autres filières économiquement (produits de dividende, créations de valeurs ajourées, de l’emploi, de capital) et socialement (aider à faire la transition de la culture du coton à autres cultures vivrières) porteuses.

BERILENGAR DATHOL