Responsabilité citoyenne : le déclic du développement

samedi 30 janvier 2010, par Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric

Version imprimable de cet article Version imprimable

La responsabilité citoyenne est l’un des principaux axes de la citoyenneté. Elle met le citoyen dans une logique d’engagement et d’action. "Comment dois-je m’engager personnellement pour le développement de la société dans laquelle je vis ?" Voilà la question que chacun doit se poser.

Le citoyen responsable est celui-là qui se soumet aux lois de la République et se soumet à certaines règles pour lui-même et envers autrui : ne pas détériorer les équipements communs, ne pas gaspiller, ne pas voler le bien d’autrui, être intègre, venir à l’heure au bureau, etc. La responsabilité citoyenne désigne plus spécifiquement le dévouement envers la chose publique de personnes qui ont un rapport spécifique avec l’Etat (élus, fonctionnaires).

"Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays et non ce que le pays peut faire pour vous", disait un illustre homme politique. Dans la même lancée, l’écrivain français Jean Jacques Rousseau définit le citoyen comme "(…) un être éminemment politique qui exprime non pas son intérêt individuel, mais l’intérêt général. Cet intérêt général ne se résume pas à la somme des volontés particulières, mais la dépasse. "

Être exigeant vis-à-vis de soi-même

Cette dernière citation met en exergue le devoir de solidarité qui pèse sur le citoyen. Elle se place au-dessus de la solidarité primaire qui consiste à n’apporter son soutien qu’à ceux qu’on connaît ou avec qui on a des liens directs. La solidarité citoyenne amène le citoyen à aller au-delà de ses considérations claniques, familiales. Par exemple, en cas de recrutement, si je suis président du jury d’un concours, je ne dois pas chercher à savoir si tel candidat est mon proche, mais plutôt rechercher des critères plus objectifs dans la délibération finale. La solidarité citoyenne s’exerce et s’éprouve quotidiennement au travail, dans la rue, au volant de sa voiture, etc.

Par exemple, si la rue qui passe devant ma concession est impraticable, je dois me sentir premier responsable de cette situation et chercher à la rendre plus praticable. Si je n’ai pas de moyens matériels ou financiers pour le faire tout seul, je peux sensibiliser mes voisins pour nous accorder sur la stratégie à adopter pour le faire. A la longue, cette attitude fera sûrement des émules quand une action doit être posée dans le quartier. Malheureusement, on se rend compte que le langage que les gens tiennent est celui d’accabler la mairie, comme si c’est la mairie qui utilise cette infrastructure, même s’il faut reconnaître une portion de responsabilité de celle-ci.

On assiste par ailleurs à une dynamique associative. Des comités d’assainissement, des associations de jeunes ou de femmes, des mutuelles, etc., impulsent, à travers leurs activités, un certain renouveau de la conscience citoyenne auprès des différentes couches de la population.

La mairie de N’Djaména vient d’instaurer les samedis comme journées de conscience citoyenne pour l’assainissement de la ville. Chaque ménage est appelé à rendre sa devanture et sa cour propre, sans oublier l’opération N’Djaména Nadif qui recommande à chaque concession de stocker ses déchets dans des poubelles que les éboueurs de la mairie viennent évacuer.

Cependant, ces initiatives louables sont tempérées par quelques poches de résistance. Un cadre d’une entreprise de la place rapporte qu’il a fait réfectionner sur fonds propres la rue qui passe devant chez lui, sur près de 100 mètres. Paradoxalement, un de ses voisins, mal intentionné, est allé raconter dans le quartier que c’est le superflu de sa fortune qu’il a dépensé. Il a même insinué que c’est de l’argent sale. De telles attitudes n’encouragent pas les personnes animées de bonne volonté à poser des actes citoyens.

Des exemples parlants

Alors que sous d’autres cieux, on entend de plus en plus parler d’entreprises dites citoyennes. Celles-ci ne savent pas seulement faire des profits ou gonfler leurs chiffres d’affaires. Ces entreprises consacrent une partie importante de leur budget à des œu-vres citoyennes et caritatives : aides aux couches vulnérables, sponsor des équipes, construction des infrastructures sociosanitaires, etc. Par exemple, le patron de l’entreprise américaine IBM, le multimilliardaire Bill Gates, à travers une fondation, investit des sommes astronomiques dans la recherche sur le paludisme et le Sida dans les pays du tiers-monde. Par ce geste, il transcende les frontières nationales et se place dans une posture de citoyen du monde. De telles initiatives sont de plus en plus visibles un peu partout dans le monde.

Il est plus que temps pour les citoyens d’être responsables et modèles, à travers des gestes simples de la vie, pour accompagner le développement du pays. Un bon partenariat entre l’Etat et les organisations de la société civile aiderait à relever ce défi.

F.M.N.