Les caisses d’épargne et de crédit (CEC)
samedi 27 février 2010, par Ramadji Béguy Angèle
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Les CEC sont des établissements de micro-finance de première catégorie, selon le classement de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC). Elles collectent l’épargne des membres pour les octroyer sous forme de crédit.
Des institutions de micro finance se sont créées pour les appuyer. C’est le cas de l’Association pour le Développement de l’Epargne et de Crédit (ASDEC) de Moundou, un organe d’appui technique des caisses d’épargne et crédit. Les caisses sont créées par les populations et animées par des responsables démocratiquement élus. "Nous avons en tout 36 caisses qui sont organisées depuis 4 ans en réseau. Leur création respecte la réglementation de la COBAC en matière d’exercice de l’activité de micro finance ", poursuit-il. Une mission de la COBAC était venue sillonner tout les réseaux des CEC viables, liquides et pérennes", ajoute-t-il. Elles sont les propriétés des communautés urbaines et périurbaines autour des zones rurales. L’ASDEC s’intéresse aux producteurs agricoles, aux éleveurs et aux commerçants. "Nous leur demandons d’épargner dans la discipline afin de produire la richesse avec le temps", précise M. Laoukein Guelmbaye, chef de service exploitation de l’ASDEC à Moundou.
Une organisation de type professionnel
Dans la région du Mandoul et du Moyen-Chari, c’est la Promotion et Appui au Réseau des Coopératives d’Epargne et de Crédit (PARCEC), un organe faîtier, qui coordonne les activités des CEC . "Il fonctionne avec 65% de l’épargne des membres", confie M. Ndoyom Roland, délégué du Parcec du Mandoul. "Par exemple si le total de l’épargne atteint un million dans une caisse, le montant de l’ensemble de crédit ne peut dépasser 650 000 FCFA", explique-t-il. Ces prévisions permettent de minimiser les risques d’insolvabilité. L’ASDEC met l’accent sur la formation et la sensibilisation pour faire comprendre aux membres des CEC que c’est à partir de l’épargne de chaque membre qu’ils ont pu avoir le crédit, donc ils doivent le rembourser promptement pour permettre aux autres d’en bénéficier. Ensuite, les bénéficiaires des microcrédits sont formés sur différentes thématiques telles que la gestion économique, la tenue de la comptabilité, la diversification des activités rentables. "Nous les formons pour qu’ils deviennent des futurs entrepreneurs", soutient M. Laoukein Guelmbaye.
Des garde-fous bien solides
En effet, les CEC disposent des textes statutaires qui déterminent leur fonctionnement. Concernant la garantie, certains paysans mettent en gage leurs matériels agricoles comme la charrette et la charrue, d’autres hypothèquent leur champ. En cas de non remboursement, ces biens sont vendus avec l’accord du débiteur. En ville, les fonctionnaires hypothèquent leur terrain. La caution morale est généralement un avaliseur. La caution solidaire facilite l’octroi du crédit car tous les membres sont engagés à rembourser. A côté des CEC mixtes, l’ASDEC a organisé des femmes à créer des caisses spécifiquement féminines.
La concurrence des banques primaires
Dans les réseaux ASDEC, le taux d’intérêts appliqué sur les crédits est de 2,5 % par mois. Dans le réseau Parcec, le taux de crédit destiné à l’investissement est de 10 % du montant du crédit, celui du crédit pour la campagne agricole est 25 à 30 %. Ces taux d’intérêts sont jugés exorbitants par les emprunteurs. "Nous n’avons pas de subvention, les taux d’intérêts nous permettent de faire face aux charges de fonctionnement des établissements de micro finance", explique un technicien de la micro finance.
Les fonctionnaires, notamment les enseignants, sont des membres exemplaires des CEC parce qu’ils remboursent promptement les crédits avec leur salaire. Il leur est demandé une attestation de virement irrévocable de leur salaire dans leur compte de la caisse afin de permettre le retrait à la source. "J’ai eu un crédit individuel de 350 000 Fcfa remboursable en 2 ans sur mon salaire pour payer un terrain. Aujourd’hui, je suis venue déposer une demande d’un autre crédit de 500 000 Fcfa pour y construire une maison", nous raconte Mme Dénébaye Florence, enseignante, membre de la CEC de Koumra. Cependant, avec la bancarisation des fonctionnaires imposés par l’Etat tchadien les CEC se plaignent. "Certaines banques installées en provinces sont nos concurrentes car ils octroient de crédits plus consistants aux fonctionnaires qui nous quittent", se lamente M. Loasnan Soblo, gérant de la CEC de Doba.
Angele Béguy Ramadji