Semaine du 22 au 28 février 2010

mardi 2 mars 2010, par Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric

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La signature d’un accord de paix au Qatar entre les autorités de Khartoum et les rebelles du MJE sous le parrainage du président Idriss Déby Itno, la suspension de la grève par les enseignants, les négociations sur l’avenir de la MINURCAT, l’épidémie de méningite dans le Mandoul et le Logone oriental, la micro finance au Tchad, le cinquantenaire de l’indépendance du Tchad, la suspension de la grève à la Compagnie Sucrière du Tchad (CST) et bien d’autres sujets ont été analysés par les médias tchadiens, cette semaine.

Déby Itno rapproche les Soudanais

Le Progrès rapporte que le président de la République, Idriss Déby Itno, qui a quitté le dimanche 21 février pour Ryad, en Arabie Saoudite, sera à Doha, au Qatar, où les discussions entre les rebelles et le pouvoir soudanais pourront aboutir, probablement, mardi 23 février, à la signature d’un accord avec, au moins le Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE). Le quotidien note qu’à l’issue des consultations qu’il a initiées et parrainées jusqu’à la fin de la semaine dernière, à N’Djaména, pour appuyer les efforts de pacification du Soudan, Idriss Déby Itno a obtenu, de la délégation gouvernementale et de celle du MJE, le paraphe d’un document préalable. Les points énoncés dans ce document, à savoir un cessez-le-feu immédiat, les principes de la participation du MJE à la gestion publique, la libération des prisonniers respectifs etc., seront versés dans un document global à signer à Doha.

Epidémie de méningite à Goundi, Doba et Bébédjia

« La méningite resurgit » titre N’Djaména Bi-hebdo. Dans une déclaration faite le 19 février dernier, rapporte le journal, le ministre de la santé Publique, Dr Ngombaye Djaïbé a fait état de la recrudescence des cas de méningite dans notre pays. Les structures sanitaires ont déjà enregistré 507 cas dont 56 décès. Les régions les plus touchées à savoir le Mandoul (district sanitaire de Goundi), le Logone oriental (district sanitaire de Doba et Bébédjia) sont déclarées épidémiques car le taux de prévalence (11,04%) dépasse les 10% du seuil national d’alerte. Pour contrer l’épidémie, le ministre informe que 42784 personnes ciblées ont été vaccinées dans le district de Doba. Il annonce également que des campagnes de vaccinations se poursuivront dans les autres régions, si la situation épidémiologique l’exige. Il en appelle à la vigilance à tous les niveaux de la pyramide sanitaire car le pays est situé » dans la ceinture méningitique de l’Afrique qui va du Sénégal à l’Ethiopie.

L’ONU négocie le maintien de la MINURCAT

Selon Le Progrès, une délégation, mandatée par l’Organisation des Nations Unies, conduite par M. Alain Le Roy pour négocier avec les autorités tchadiennes, le maintien de la MINURCAT dans l’est du pays, arrive le mercredi 24 février 2010. Après une évaluation de la collaboration avec la MINURCAT, le Tchad a jugé non nécessaire de renouveler son mandat, qui expire le 15 mars 2010. Selon une source, le quotidien rapporte que l’accord entre la MINURCAT et le Tchad prévoit des œuvres sociales en faveur des populations hôtes des réfugiés et des personnes déplacées, choses qui n’ont pas été réalisées. « Tout ce qui a été respecté, c’est la formation du Détachement Intégré de Sécurité et quelques rares actions dans la protection des réfugiés, des personnes déplacées et des humanitaires », reconnaît un officier, cité par le journal.

« Incertitudes autour du sort de la MINURCAT », titre à propos N’Djaména bi-hebdo qui a repris les propos du chef de l’Etat pour qui, la mission onusienne est « un échec », pour justifier le non renouvellement de la MINURCAT. Du côté de New York, les jeux ne sont pas encore faits. Le Conseil de Sécurité n’a pas encore dit son dernier mot, écrit le journal. L’on ne connaît pas non plus la position de Bangui dans ce bras-de-fer que N’Djaména a ouvert avec les Nations Unies, chute le bi-hebdo.

La micro finance au Tchad

« Un sacré foutoir », titre en Une Tchad et Culture, traitant d’un dossier de 8 pages sur la micro finance. Depuis peu, le gouvernement s’est engagé dans une vaste campagne d’octroi de micro crédits à une certaine catégorie de la population, emboîtant le pas à quelques initiatives du privé. Mais vu le résultat sur le terrain, constate le mensuel, l’on s’interroge sur l’opportunité d’une telle campagne et sur son adéquation avec les textes de la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC). Tchad et Culture déplore par exemple que le choix des régions pour l’octroi des micro crédits laisse croire que le ministère fonctionne sans une programmation. Alors qu’un planning des missions existe, relève-t-il, lors des visites du président de la République à l’intérieur du pays, le ministère de la micro finance précède pour apprêter les dossiers et donner les crédits devant les autorités administratives. Toutefois, Tchad et Culture propose des pistes de solutions pour rectifier le tir et suggère par exemple à l’Etat tchadien de s’appuyer sur les institutions privées de micro finance déjà existantes ou encore de respecter les dispositions légales de la COBAC.

Le Syndicat des Enseignants du Tchad suspend la grève pour 2 semaines

Le Temps relève que le mouvement d’humeur entamé par la principale organisation des enseignants du Tchad a été suspendu le 20 février 2010 pour laisser le temps aux négociations. Cette grève d’avertissement, rappelle Le Temps, a été déclenchée pour contraindre le gouvernement à augmenter de manière substantielle le salaire, les indemnités et autres primes contenues dans le statut particulier des enseignants adopté en 1992. Tout en saluant les efforts de médiation de la Fédération national des parents d’élèves du Tchad, notre confrère s’offusque du manque de dialogue du gouvernement. « Que la grève des enseignants est illégale…que les enseignants manquent de respect…que des mesures drastiques seront prises… » Telles sont les incohérences dans les propos de la ministre de la fonction Publique et de l’Emploi, Mme Fatimé Tchombi, que l’hebdo déplore. Nos dirigeants doivent s’armer de courage pour un dénouement heureux de cette grève, chute-t-il.

Bientôt le cinquantenaire de l’indépendance du Tchad

« Une occasion à ne pas manquer », prévient l’éditorialiste de Tchad et Culture qui nous apprend qu’un comité composé de hauts dignitaires a été mis en place pour l’événement. « Que va faire ce comité ? Préparer une fête grandiose, celle de 50 années passées à nous entredéchirer ? De 50 années de guerres fratricides qui sapent le moindre effort de développement de notre pays ? », s’interroge le journal. Et de répondre que nous pouvons profiter de cette occasion pour réfléchir au devenir de notre pays, pour nous réconcilier, pour nous poser certaines questions : avons-nous passé ces années à nous mettre ‘‘à l’ouvrage’’ ? Quel regard portent nos voisins sur nous ? Nous admirent-ils comme nous le chantons dans notre hymne national ? Y a-t-il une identité tchadienne ? Enfin la revue estime que « peut-être n’avons-nous pas besoin de cérémonies pompeuses, coûteuses et creuses, mais des gestes sincères qui nous aident à recoller les morceaux de cet adulte immature qu’est notre beau pays, par la faute de ses fils ».

Le Bureau Permanent des Elections : le véritable chef d’orchestre Tchad et Culture a fait une analyse sur les organes des futures élections au Tchad. Notre confrère relève que les prochaines consultations électorales ont la particularité d’être organisées par une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), ‘‘assistée’’ d’une structure technique stable : le Bureau Permanent des Elections (BPE). Tchad et Culture craint que la CENI, si elle ne fait pas attention risque d’être supplantée par le BPE (dont le directeur général est nommé par décret pris en conseil de ministres sur proposition du ministre de l’administration du territoire après avis conforme de la CENI), avec le risque de biaiser les futures élections.

Guéguerre dans les installations des sous-CENI

« Ngarmadjal Gami rejette toutes les accusations », titre Le Progrès, couvrant le point de presse du président de la Commission Electorale nationale Indépendante, le 19 février dernier. M. Gami réfute « catégoriquement » les accusations portées sur les membres de la CENI pendant les installations des démembrements dans les régions et les départements, en décembre et janvier 2010. En effet, poursuit-il, depuis quelques temps, certains partis politiques et regroupements de partis politiques reprochent aux délégués de la CENI, un certain amateurisme dans l’exécution de leurs tâches.

La Cathédrale Notre Dame de la Paix de N’Djaména ne sera pas délocalisée

« Une cathédrale ne peut jamais être déplacée, sauf dans des cas de forces majeures : tremblement de terre, par exemple, ou par autorisation expresse du Saint siège », rassure l’Archevêque de N’Djaména, coupant court aux rumeurs. Il a par ailleurs ajouté que qu’il a été reçu le 9 décembre 2009 par le chef de l’Etat Idriss Déby Itno qui s’est dit surpris par les informations selon lesquelles l’édifice sera délogé. Par ailleurs, rapporte l’hebdo, Mgr Ngartéri a fait mention de la mise en place d’une commission pour réfléchir sur les moyens techniques et rechercher les moyens financiers pour la restauration identique de la cathédrale.

Le personnel de la Compagnie Sucrière du Tchad suspend sa grève

D’après Le Progrès, après avoir entamé une grève sèche et illimitée, le lundi 15 février 2010, les employés de la Compagnie sucrière du Tchad ont repris le travail le 22 février 2010. Un moratoire de 2 semaines est accordé à l’entreprise pour les négociations. Toutefois, ils mettent l’accent sur le versement intégral du treizième salaire de l’année 2009 et une augmentation de 125% pour faire face à la cherté de la vie.

Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric