Violation des droits de l’homme au Tchad : le président de la République Idriss Déby Itno fait son mea culpa
jeudi 11 mars 2010, par Dokalyo Alphonse
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« Il y a eu certes, des abus, voire des exagérations en matière de violation des droits de l’homme dans notre pays », a reconnu le président de la République Idriss Déby Itno lors de la cérémonie d’ouverture des travaux du forum national sur les droits de l’homme qu’il a lui-même, présidé mardi, 9 mars 2010, au ministère des Affaires Etrangeres, de l’Integration africaine et de la cooperation internationale.
Toutefois, « ces aliénations des droits fondamentaux des citoyens sont la conséquence de l’histoire tumultueuse qu’a connu notre pays », a souligné le chef de l’Etat qui invite tous les participants concernés par la problématique des droits humains à échanger leurs expériences, à apporter leurs contributions à l’édification d’une société dans laquelle l’épanouissement de l’Homme sera au centre de toutes les préoccupations. « Ce dialogue doit être ouvert, contradictoire et constructif », a-t-il précisé.
Les travaux de ce forum placé sous le haut patronage du président de la République qui s’étaleront sur trois jours, regroupent 200 personnes composées des représentants civils et militaires de l’Etat, de la société civile, des chefs traditionnels ainsi que des experts internationaux.
Son objectif est de faire un état de lieu de la situation des droits de l’homme et des libertés au Tchad et de faire des suggestions afin d’établir un plan d’action cohérent de protection efficace des droits humains, a mentionné le ministre chargé des Droits de l’homme et de la Promotion des Libertés, Abdéramane Djasnabaye, organisateur du forum.
Les participants examineront entre autres les causes de violation des droits de l’homme et des libertés et évalueront les capacités institutionnelles et juridiques des structures gouvernementales et non gouvernementales œuvrant pour la promotion et la protection des droits de l’homme.
Certaines associations des droits de l’homme, pourtant invitées, boudent la rencontre. Il s’agit de l’Association pour la Promotion des Libertés fondamentales au Tchad (APLFT), l’Association des chrétiens pour l’Abolition de la torture au Tchad (ACAT), l’Association tchadienne pour la promotion des droits de l’homme (ATPDH), l’Association tchadienne pour la non-violence (ATNV) et Tchad non violence.
Elles ont dans un communiqué daté du 8 mars 2010, indiqué que ce forum n’est qu’une opération de séduction en direction de la communauté internationale. Les thèmes traités ne reflètent pas les préoccupations réelles des droits de l’homme dans le pays, note le document.
Alphonse Dokalyo